Téléchargez Lettre ouverte du Synavi au Département de l'Allier 18 01 16


Monsieur le Président, Monsieur le Vice-Président,

Nous avons appris avec consternation votre décision de supprimer brutalement les aides directes aux compagnies dans votre Département, ainsi qu’une part importante des aides aux résidences et des aides à la diffusion.

Vous en appelez à la responsabilité des compagnies de l’Allier et les invitez à accepter stoïquement cette décision qui amputera dangereusement leurs moyens de travail, et entrainera à terme la disparition de nombreuses d’entre elles et la perte d’emploi pour de nombreux acteurs culturels.

 

Monsieur le Président, Monsieur le Vice-Président, en quoi des compagnies professionnelles, travaillant depuis des années avec succès sur le département seraient-elles irresponsables? Serait-ce parce qu'elles n'acceptent pas une si brutale décision ?

Par cette décision inédite, vous portez sans état d’âme un coup fatal à la création artistique dans l’Allier, ce qui entrainera inévitablement l’abandon d’activités artistiques liées au développement culturel et la « désartification » de ce territoire.

Pour justifier l’inacceptable, vous invoquez l’argument économique et la baisse des dotations de l’Etat. Pensez-vous réellement que les infimes économies effectuées permettront de recouvrer les 17 millions d’euros nécessaires pour « sauver l’Allier de la faillite » ? Ce discours est démagogique, mais aussi incohérent car vous n’êtes pas sans savoir que les compagnies créent de l’emploi et participent grandement au dynamisme et à l’attractivité du territoire.

Certes, nous avons noté la création de deux nouveaux dispositifs : l’aide à l’événementiel et l’accompagnement des festivals. Ceux-ci ne sauraient en aucun cas remplacer les aides directes aux compagnies. Ce sont les équipes artistiques qui sont engagées dans des démarches artistiques au plus près des territoires, villes et zones rurales, et des populations. Ce sont elles qui quotidiennement prennent les risques artistiques et économiques, et qui doivent être soutenues au premier chef par les collectivités territoriales.

Nous contestons avec la plus grande vigueur la brutalité de cette décision, survenue sans concertation avec les équipes artistiques concernées.
Ces méthodes, s’adressant à des compagnies professionnelles reconnues par de très nombreuses institutions (régionales, nationales, européennes) et par conséquent tout à fait compétentes et expérimentées pour gérer un budget, sont irresponsables et préfigurent du pire pour la démocratie, la culture, l’emploi et plus généralement ce qui fait sens commun dans notre société.

Le SYNAVI s’affirme solidaire des compagnies et des artistes impactés par cette décision et demande qu'un moratoire intervienne sur les mesures décidées par le Conseil Départemental et qu'une concertation s'engage avec les professionnels du secteur et leurs représentants.

Dans cette attente, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, Monsieur le Vice-Président, l’expression de mes salutations distinguées.

Pour le SYNAVI
Rémy Bovis, Président

Lyon, le 19 janvier 2016