Etat

Capture décran 2020 10 22 à 12.55.57

 

Monsieur le Premier Ministre, Mesdames les ministres,

Le Président de la République a annoncé le 14 octobre dernier un couvre-feu de 21H à 6H dans huit métropoles et toute la région Île-de-France, prenant effet 48H plus tard.

Parallèlement, les décisions se multiplient imposant des couvre-feux dans d’autres villes ou départements, ou des annulations parfois de dernière minute de nombreux événements culturels recevant du public, que ce soit dans le spectacle vivant ou le cinéma. Les décisions s’ajoutent aux restrictions et interdictions portant sur l’accueil des grandes jauges, les concerts « debout », les chapiteaux, les événementiels, les arts de la rue, etc.

Toutes nos organisations sont conscientes de la situation sanitaire et ont travaillé pour mettre en place des protocoles stricts, qui ont permis à ce que nos lieux de travail ne soient pas devenus des lieux de contamination ni pour le public, ni pour les professionnels exerçant leur métier.

Nous ne comprenons pas que la décision du couvre-feu n’ait pas été concertée avec les représentants de nos professions et demandons à la voir évoluer pour permettre une poursuite de l’activité de nos structures et de l’emploi des salariés permanents et intermittents du spectacle, ainsi que de l’activité des autrices et auteurs.

Nous sommes en mesure de recevoir le public avec toutes les précautions sanitaires et de poursuivre une partie de nos activités en permettant au public de rentrer chez lui avec les justificatifs de billetterie.

Lors de son allocution du 14 octobre, le Président de la République a annoncé la mise en place d’un couvre-feu de 21h à 6h en Ile-de-France et dans huit métropoles (Lille, Grenoble, Lyon, Aix-Marseille, Montpellier, Rouen, Toulouse et Saint-Etienne).

Cette interdiction s’ajoute à la longue liste de restrictions dictées ces derniers mois : interdiction des sorties scolaires, contraintes pour la réalisation des interventions artistiques, limitation des manifestations artistiques dans l’espace public et sous chapiteaux dans certains départements.

Attachés à la préservation des activités indispensables à la vitalité sociale et démocratique, nous affirmons que tout doit être mis en œuvre pour le maintien des spectacles et des activités culturelles, dans un esprit de responsabilité prenant en compte les nécessaires mesures sanitaires. Des dérogations doivent être étudiées, pour permettre aux publics comme aux professionnels de rentrer chez eux après les spectacles se terminant avant 21h.

Si tel n’était pas le cas, cette dernière mesure - le couvre-feu - outre le fait qu’elle constitue une atteinte grave à la liberté d’expression et de création, est un nouveau coup porté au secteur du spectacle vivant dans son ensemble et aux plus fragiles en particulier.