Etat

Les droits culturels sont des droits humains fondamentaux, tels que définis aux articles 22 et 27 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme.

Le 27 janvier 2015, lors de son examen du projet de loi portant nouvelle organisation territoriale de la République (dite loi « NOTRe »), le Sénat a voté l’article 28A qui précise que « Sur chaque territoire, les droits culturels des citoyens sont garantis par l’exercice conjoint de la compétence en matière de culture, par l’État et les collectivités territoriales. »

Cet amendement a été rejeté par la commission des lois de l’Assemblée nationale mais doit être présenté de nouveau aux députés lors de l’examen de cet article en séance publique qui se déroulera entre le 2 et le 5 mars (à travers l’amendement n°832/article 28A). L’enjeu est d’inscrire le principe de la liberté d'expression artistique dans la loi de la République. La liberté d’expression artistique a une valeur publique universelle et doit être un repère déterminant.

Madame la Ministre de la Culture et de la Communication,
Mesdames et Messieurs les Elu.e.s des Conseil Régionaux, des Conseil Généraux, des Municipalités,
Mesdames les Directrices des Affaires Culturelles, Messieurs les Directeurs des Affaires Culturelles,


Depuis des mois, vous nous gratifiez de déclarations de principe, auxquels nous ne pouvons qu’adhérer pleinement : Oui, la culture est, comme l’éducation, le ciment de notre société. Oui, la culture est un investissement pour l’avenir. Oui, l’art et la culture sont les ferments de la citoyenneté.

Pourtant, derrière tous ces discours, nous assistons à une situation inédite depuis plusieurs décennies : on ne compte plus les coupes budgétaires drastiques, les déprogrammations arbitraires, les évictions d’équipes et de directions artistiques, les interruptions de projets engagés.

Sous couvert de « politiques d’austérité » ou de « choix de programmation », le saccage se généralise à tous les niveaux (DRAC, collectivités territoriales) et ne se limite pas à une couleur politique : Compagnies, lieux indépendants ou labellisés, festivals, de toutes disciplines, dans toutes les régions : tout le secteur artistique et culturel est touché par cette vague dévastatrice, et tous les prétextes sont bons pour justifier ces brusques changements de cap qui fauchent les projets et les équipes artistiques.