Etat

26 Février 2021

Les structures culturelles, en particulier celles du spectacle et du cinéma, ont été les premières touchées par des restrictions et fermetures liées à la crise sanitaire : le 4 mars prochain en sera le premier et triste anniversaire. Les artistes et technicien.ne.s intermittent.e.s du spectacle, les permanent.e.s de nos secteurs et nombre d’artistes-auteurs sont depuis privés d'une grande part de leurs activités et de leurs revenus.

Les mesures de soutien prises par le gouvernement et les collectivités territoriales, incontestables et indispensables depuis le début de la crise, n’ont cependant pas permis à une majorité des acteur.rice.s du secteur de voir compensées leurs pertes d’activités et leurs pertes économiques. La mise en œuvre de ces aides, a par ailleurs largement manqué de transparence et d’équité. À ce stade, l’emploi permanent a pu être préservé, mais l’activité partielle est intervenue minoritairement pour compenser les annulations de contrats des intermittent.e.s (14% au printemps dernier, moins de 4% en septembre, en déclin depuis). Des employeur.euse.s se voient par ailleurs refuser leurs demandes par l’administration alors que les contrats de cession ne sont pas honorés.

2021 est l’année de tous les dangers : budgets des collectivités territoriales en berne – ils sont les premiers financeurs de la Culture - et gouvernement qui réduit, mois après mois, son soutien au secteur culturel dont les restes à charge vont encore augmenter. Les perspectives de ressources propres pour l’ensemble des structures (billetterie pour les lieux et festivals, cession du droit d’exploitation pour les équipes artistiques) sont atones et les volumes d’emploi s’effondrent, aggravant le phénomène de précarité et de manque de visibilité. Une partie des artistes et technicien.ne.s intermittent.e.s du spectacle ont vu leur droit à l’assurance chômage prolongé jusqu’au 31 août 2021 et quelques mesurettes sont arrivées pour certains jeunes et une petite partie des artistes-auteurs et indépendant.e.s.

Le public s’est souvent fait entendre aux côtés des professionnel.le.s pour dire que “ce n'était pas une vie” d’être éloigné des œuvres et des artistes. Nos revendications pour la survie de nos entreprises et pour les professionnel.le.s qui travaillent avec elles sont celles d'un secteur important à la cohésion de notre société tout comme le champ du spectacle occasionnel primordial pour bon nombre d’artistes et technicien.ne.s.

Lyon, le 3 février 2021

 

Partout en France, à Avignon, Strasbourg, Montpellier ou Millau, des mobilisations ont lieu pour dire que la culture, et singulièrement le spectacle vivant, doit garder une place dans nos vies. Le gouvernement semble être sourd aux nombreuses propositions portées par ces rassemblements. Ils vont donc se multiplier dans les semaines à venir, comme l'opération "théâtre ouvert" du 30 janvier ou la mobilisation interprofessionnelle du 4 février. Le SYNAVI, qui regroupe les employeurs du tiers secteur du spectacle vivant (notamment des compagnies et des lieux indépendantes) soutient l'ensemble de ces mobilisations qui portent l'urgence d'un soutien fort à notre secteur d'activité.

Nous souhaitons aussi rappeler ici nos propositions et ouvrir une piste pour demain.

URGENCE SOCIALE DANS LA CULTURE !