Lyon, le 29 octobre 2020

 

Nous avons appris avec consternation la mise en place d’un nouveau confinement, à compter de ce soir 24h, une fois encore sans concertation, sans que le mot culture n’ait été prononcé une seule fois, ni délais pour préparer ce nouvel arrêt de nos activités – activités que nous avions été exhortés à reprendre vaille que vaille, il y a encore quelques semaines.

Nous nous retrouvons une nouvelle fois en Conseil National des Professions du Spectacles pour « examiner les conséquences des mesures sanitaires à venir et des dispositifs d'accompagnement mis en place ».

On ne peut pas, de semaine en semaine, redécouvrir perpétuellement les conséquences de la crise sanitaire sur notre secteur ; nous n’en sommes plus à examiner les dispositifs d’accompagnement !

 

Nous n’avons cessé depuis mars de tirer la sonnette d’alarme : la crise que nous subissons aura des répercussions sur deux ou trois saisons culturelles ; cette nouvelle vague d’annulations sera fatale à beaucoup trop d’entre nous.

Le temps n’est plus à la reconduction des fonds de soutien (FUSV) et ni même à leur adaptation, c'est un plan d'aide massif aux équipes artistiques qu'il faut mettre en œuvre dès ce soir minuit.

 

Il faut préserver coûte que coûte les compagnies et leurs salarié.e.s par de réelles mesures de soutien à l'emploi : l'année blanche ne suffira pas : la date du 31 août 2021 est à reporter ; l’extension des mesures d'activité partielle ne suffira pas non plus : il faut préserver la chaîne qui permettra aux structures employeuses d'assumer l’ensemble des salaires prévus et de se projeter sur les deux années à venir.

 

Pour préparer les « activités de demain », nous demandons :

1/ La création d’un fonds de compensation pour l’ensemble des activités annulées : spectacles et interventions artistiques. Nous l’avons constaté, la puissance publique n’a pas été en mesure de faire appliquer ses préconisations en termes de paiement des contrats annulés. Aussi, nous réclamons la création d’un fonds de compensation automatique calculé sur la base de la masse salariale (grille conventionnelle) majoré de 15% pour les frais de fonctionnement. Il compensera de façon systématique les cessions et autoproductions de tous les spectacles et interventions artistiques annulés.

2/ Des mesures de soutien aux lieux intermédiaires et indépendants : injustement exclus jusqu’ici des dispositifs de soutien car ces lieux ne sont ni des scènes labélisées, ni des théâtres municipaux, ni des théâtres privés. Ces lieux sont pourtant des espaces essentiels de création, de diffusion, d’action artistique et de lien aux citoyens sur les territoires. Nous demandons un fonds spécifique de soutien calculé sur la base de la masse salariale (grille conventionnelle) majoré de 15% pour les frais de fonctionnement, une compensation de billetterie calculée sur la base de la jauge et du prix moyen de la place.

3/ L’ouverture massive et large de tous les plateaux, malgré la fermeture des lieux au public, pour le maintien et le développement des résidences, répétitions et laboratoires de création dans le strict respect des règles sanitaires adaptées à nos pratiques, accompagnés de dispositifs de financements permettant ces accueils et temps de travail.

4/ L’assurance de la reconduction des subventions en 2021 par l'État et les collectivités territoriales.

5/ La suspension des travaux de réforme des aides de l’Etat aux équipes artistiques et l’ouverture de négociations pour une révision en profondeur de cette réforme.

 

Nous sommes parfaitement conscients de la gravité de l’épidémie ; conscients aussi de l’état, proche de la rupture, dans lequel se trouve l’hôpital public et ses salarié.e.s dont nous sommes totalement solidaires. Le premier confinement nous l’a appris : l’exercice des métiers de l’art et de la culture ne peut être entièrement empêché, ni confiné.

 

Télécharger le Communiqué 2ème confinement : pas sans arts vivants et pas sans culture !