Nous prenons la parole au nom du SYNAVI, Syndicat nationaldes arts vivants. Nous représentons les équipes artistiques, les compagnies, les lieux intermédiaires et indépendants.

Nous avons signé l’appel à la mobilisation unitaire Culture en danger.

Aujourd'hui nous sommes solidaires de l’occupation de l’Odéon, solidaires des inquiétudes et des revendications des salariés du secteur culturel et au-delà.

C'est pourquoi, avec les occupants, nous demandons :

  • la prolongation de l’année blanche, a minima 1 an après la fin de la crise sanitaire,

mais aussi

  • son extension aux travailleurs intermittents et aux travailleurs précaires de tous les secteurs,
  • une vigilance sur les primo entrants, en particulier les jeunes professionnels, et sur les congés maladies, les congés maternités, qui ne sauraient être des causes d’exclusion !

Pour que toutes celles, tous ceux qui n’ont pas pu travailler pendant 1 an, puissent continuer à vivre décemment !

 

Pour ces mêmes raisons, nous sommes solidaires de la demande de suppression de la réforme de l’assurance chômage.

Le 8 mars, journée internationale pour les droits des femmes, c’était lundi dernier ! Soulignons une fois encore, que toutes ces demandes, ces justes revendications sont d’autant plus importantes pour les travailleuses intermittentes et précaires dont la situation, nous le savons, est souvent plus critique.

Avec les occupants, nous demandons bien sûr un soutien urgent aux caisses garantes de nos droits sociaux, Audiens, Afdas, CMB.

Nous demandons enfin un calendrier concerté pour la nécessaire ré-ouverture des lieux, théâtres, châpiteaux.

Mais nous savons que cette ré-ouverture à elle seule ne suffira pas à résoudre les difficultés des artistes et des équipes artistiques.

Il est nécessaire, dès à présent, de mettre en place un plan de soutien massif à l’emploi, pour permettre répétitions, recherche, entraînement, résidences, à hauteur de ce que cela coûte aux structures, et ainsi garantir un taux d’emploi aux artistes et techniciens, préserver l’existence des compagnies, soutenir les lieux intermédiaires et indépendants et préserver la chaîne de production des spectacles!

Nous demandons ​une réelle concertation sur un plan de relance réaliste et adapté qui accompagne la reprise d’activité.

Après une année d’arrêt, le secteur du spectacle vivant ​connaît ​dès aujourd’hui une situation d’embouteillage : beaucoup de spectacles et de créations reportés et pas assez de théâtres, de chapiteaux, de festivals, pour les accueillir.                                             

Pourtant, il n'y a jamais trop de spectacles, jamais trop de compagnies. La culture est notre bien commun, elle est nécessaire, elle contribue à créer des liens indispensables particulièrement en temps de crise. C’est pourquoi, Il y a à penser un après, un dé-confinement de notre secteur, qui permette aux artistes de jouer partout et tout le temps, devant tous les publics.   

Nous appelons à ​un soutien massif à ​tous les lieux, toutes les structures susceptibles d’accueillir des spectacles, des artistes, pour qu’ils le fassent ! Dans les quartiers, les villages, les entreprises... partout où c’est possible.

Nous appelons le ministère de la Culture et les collectivités territoriales à soutenir et cofinancer à parité ​cet élan nouveau de diffusion artistique. Partout, dans les salles, dans les espaces publics, faisons, qu’à partir de ce printemps, la crise sanitaire soit une opportunité́ ́ pour ouvrir une nouvelle ère de la politique culturelle.                                        

Nous appelons à un changement de paradigme fondé sur le soutien massif à l’emploi artistique et technique pour soutenir la création, la diffusion, l’action culturelle et l’infusion sur les territoires, tout ce qui constitue le travail quotidien des structures du spectacle vivant.

11 mars 2021, Paris