Parce que nous n’envisageons nos métiers qu’en prise directe avec la société ; parce que nous proposons au quotidien des espaces de libre expression et de débats, des enclaves d’utopie au cœur du réel ; parce que nous sommes viscéralement attachés au bien commun et à l’intérêt général, nous affirmons que les artistes, et toutes celles et ceux qui font vivre la Culture, ont une parole à porter dans le débat démocratique.
En cette veille d’élections municipales, nous déplorons un renversement alarmant des valeurs démocratiques et républicaines. Il a infiltré le débat politique, pollué les discours, perverti le langage.
Par pur électoralisme, certain.es ont repris des idées, des mots et des slogans qui ont fait recette, et qui débordent aujourd’hui – sur leur droite – ceux et celles qui s’y sont compromis… à moins qu’ils et elles ne les aient tout simplement adopté.es.
Sous couvert d’économies, c’est une bataille culturelle et idéologique qui est menée.
Dans tous les domaines, éducation, culture, santé, justice, social… ce qui fait commun est attaqué !
Les services publics sont massivement attaqués, parce qu’à un besoin identifié ils apportent une réponse collective, sans exclusive, sans préférence ; parce qu’ils imposent des règles face à la dérégulation à tout crin.
Le secteur associatif est attaqué, pour ce qu’il porte d’émancipation, de prises en main citoyenne et d’alternatives à un marché qui uniformise et tue la diversité.
En matière de Culture, les attaques, frontales ou diffuses, sont légions. Coupes budgétaires, censures, interventions sur les programmations, reprise en main d’équipements, remise en cause des institutions et de l’audiovisuel public, intimidations, empêchement d’exercer son art et son métier… Du spectacle vivant aux arts visuels, de l’audiovisuel public aux librairies, en passant par le cinéma et les musiques actuelles, pas un secteur, pas une discipline, ne sont épargné.es.
Là encore, les attaques les plus brutales sont menées par ceux-là même qui prétendent combattre de prétendus instrumentalisations idéologiques et endoctrinements dont se rendraient coupables les artistes et acteurs et actrices culturels.les, tout en piétinant la liberté de création et d’expression et l’intérêt général au profit d’une marchandisation éhontée.
Ne soyons pas dupes ; refusons de nous y soumettre et gardons le cap.
Rappelons que le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme, l’islamophobie, la LGBTphobie, le sexisme, ne sont pas des opinions mais des délits ;
Rappelons que la pauvreté et toutes les exclusions sociales ne sont ni des concepts, ni des arguments électoraux. Ce sont pour beaucoup des réalités vécues au quotidien et qui, parfois, tuent.
Rappelons que ces idéologies sont déjà à l’œuvre dans plusieurs communes et régions et que l’on connaît leurs effets dévastateurs.
Rappelons que partout dans le monde, elles sont l’apanage des régimes réactionnaires et illibéraux.
Le résultat des élections municipales pèsera sur nos vies durant les six prochaines années. Comme il pèsera sur les débats démocratiques à venir.
Les 15 et 22 mars, nous appelons les candidats et candidates, les électeurs et électrices attaché.es aux valeurs de solidarité, de progrès et d’inclusion à ne rien céder aux extrêmes droites, droites extrêmes, ou à leurs alliés.
Les 15 et 22 mars, Gardons le cap !
Lire la tribune sur Mediapart : https://blogs.mediapart.fr/emmanuelle-gourvitch/blog/100326/les-15-et-22-mars-gardons-le-cap
